LES MUSCLES ISCHIO-JAMBIERS DANS LE SPRINT : DE LA MECANIQUE A LA PREVENTION DES LESIONS

Dr Pascal EDOUARD, MD, PhD
Unité de Médecine du Sport, CHU de Saint-Etienne
Laboratoire Interuniversitaire de Biologie de la Motricité, Université Jean Monnet, Saint-Etienne
Swiss Olympic Medical center, Centre de médecine du sport, Division de médecine physique et réadaptation, Centre Hospitalier Universitaire Vaudois, Lausanne, Switzerland

Les muscles ischio-jambiers ont un rôle important dans la biomécanique et la performance en sprint. Ils font aussi l’objet de la principale blessure dans les sports à forte composante de sprints et d’accélérations (football, athlétisme, rugby…). Ce groupement musculaire se retrouve donc être la pierre angulaire d’un challenge pour la performance sportive et la prévention des blessures. Ainsi, dans une stratégie gagnant-gagnant une approche visant à mieux connaître les déterminants biomécaniques et musculaires de la performance en sprint devrait aussi permettre d’améliorer les stratégies de prévention primaire et secondaire.

Un des facteurs déterminant de la performance du sprint est la capacité à produire une force horizontale sur le sol (c-a-d orienter la poussée totale vers l’arrière), et ce malgré l’augmentation de la vitesse de course. Les muscles ischio-jambiers jouent un rôle important dans cette capacité, ce qui soutient l’intérêt de se préoccuper de ces muscles dans une logique de performance. Par ailleurs, dans un contexte de lésion des ischio-jambiers, des études ont rapporté une diminution de cette production de force horizontale consécutive à une lésion des muscles ischio-jambiers, ce qui soutient l’argument de participation des ischio-jambiers dans la production de force horizontale.

Dans ce contexte, nous suggérons que cette évaluation des propriétés mécaniques du sprint pourrait être utilisée pour guider l’entrainement des athlètes dans une perspective de performance, mais aussi après une lésion des muscles ischio-jambiers pour guider le retour au sprint et permettre l’autorisation de sprint maximum en logique de prévention secondaire, et émettons l’hypothèse de son utilisation en prévention primaire comme outil de dépistage des athlètes à risque de blessures aux ischio-jambiers. De plus, compte tenu de ces liens étroits, nous nous posons la question de la place du sprint en lui-même comme exercice de prévention primaire et secondaire, à l’image d’un vaccin contre la lésion des muscles ischio-jambiers.