L’EXOSQUELETTE ET LA PARAPLEGIE
(Conférence exceptionnelle)

Alim Louis Benabid et coll,
Clinatec, Grenoble.

L’homme Handicapé Instrumenté (HHI) : réalité technologique et perspective sociétale. Alim Louis Benabid et coll, Clinatec, Grenoble. Depuis plus de 30 ans, la médecine comme la technologie cherche à compenser des déficits sensitivomoteurs, et à travers eux l’impact sur la qualité de vie des blessés de la moelle épinière, notamment les tétraplégiques. Les atteintes de la moelle épinière en dessous du niveau cervical sont responsables d’une paraplégie sensitivomotrice pour lesquelles des solutions pratiques permettent la réinsertion de ces malades dans une vie sociale acceptable. Cela est très différent ce qui concerne les tétraplégiques de niveau cervical, chez qui le handicap est pratiquement incompatible avec une autonomie individuelle même domestique. Les tentatives actuelles font appel à tous les secteurs de la biologie et de la technologie. En cohérence avec ce mouvement global, nous avons initié un programme neuro-prosthétique complet, au plus proche de la morphologie humaine (exosquelette à quatre membres), capable de produire une mobilité des quatre membres à partir des données ECoG du cortex sensitivomoteur, par des moyens minimalement invasifs (capteurs intracrânienne extra duraux) sans lien physique avec l’extérieur, ce qui impose un système «wireless», et un décodage rapide, permettant une motricité avancée des quatre membres. Après18 mois, le premier malade maitrise 11 degrés de liberté. L’extension du programme vise à accroitre la qualité des réponses, la précision d’atteinte des buts, et la souplesse de la gestion simultanée d’actes différents. L’objectif premier étant atteint, il convient de rendre l’ensemble utile et sur, notamment en pilotant le fauteuil roulant par la pensée (objectif domestique), le déplacement équilibré de l’exosquelette par son attachement a un système auto-équilibrant tel qu’un Segway (objectif public citadin), la compatibilité avec une Mini-Pelle pilotable sur le même mode que le fauteuil roulant (objectif réinsertion professionnelle dans le monde du travail). Il faut enfin prévoir l’intégration sociétale par la création d’une filière d’aides de vie Section HHI, et d’une prise en charge concertée avec les Assurances, actuellement très intéressées. Le défi scientifique a été relevé, le défi social doit l’être à son tour. Nous aurons réalisé une démarche cohérente, partant du Malade vers la Société où il doit retrouver une place décente.