PROTEINES STRUCTURALES MUSCULAIRES ET CONTRAINTES MECANIQUES DE L’EXERCICE

Pr Léonard FÉASSON
Unité de Myologie – Service de Physiologie Clinique et de l’Exercice – Centre Référent Maladies Neuromusculaires – Euro-NmD – CHU de St Etienne, LIBM – EA 7424, Université de Lyon, Université Jean Monnet, Saint-Etienne

L’étude des courbatures a depuis longtemps été un modèle de choix pour appréhender les effets des contraintes mécaniques sur la structure musculaire. Ces « DOMS » (Delayed Onset Muscle Soreness) liées à l’exercice physique, même si celui-ci comporte une forte composante excentrique favorisant leur survenue, sont le plus souvent spontanément résolues en quelques jours. Non seulement elles est sont sans répercussion grave sur la fonction musculaire du sujet sain, mais dans la majorité des situations, elles ont aussi comme conséquence favorable d’engendrer des adaptations au sein de l’organisation structurale du tissu musculaire. Ce phénomène connu sous le terme de « repeated bout effect », repose sur l’ajustement du contrôle moteur mais aussi sur la plasticité myofibrillaire. Au-delà du phénomène de courbatures, l‘amélioration puis l’entretien de la  résistance « mécanique » des muscles sous l’effet bénéfique d’une activité physique régulière, repose aussi sur le contrôle de sa masse et sur le maintien de son intégrité structurale et fonctionnelle. L’homéostasie musculaire peut ainsi compter sur la stimulation des voies de synthèse protéique, elles-mêmes sous la dépendance du nombre de noyaux présents dans les fibres musculaires. Actrices essentielles de la réparation et de l’entretien musculaire, les cellules satellites sont des analogues quiescents des précurseurs myogéniques, localisées sous la lame basale des fibres musculaires. Activées, elles prolifèrent puis fusionnent ou incorporent les myocytes préexistants. Un muscle entraîné voit leur nombre augmenter, en revanche la sédentarité engendre leur déclin. Loin devant les étiologies pathologiques (myopathies, neuropathies, maladies multisystémiques…), l’inactivité est la première cause d’atrophie musculaire. La sarcopénie définie comme la perte de masse musculaire physiologique liée au vieillissement en constitue certainement le modèle de détérioration la plus insidieuse.